Juin Vert : dépistage du cancer du col de l’utérus
L’autoprélèvement : une opportunité pour améliorer la prévention
La CPTS Caen-Couronne a lancé un groupe de travail consacré à la prévention du cancer du col de l’utérus.
Dans ce cadre, nous souhaitons encourager le recours au test HPV par autoprélèvement, afin de faciliter l’accès au dépistage pour nos patientes et d’améliorer la couverture sur notre territoire.
Où en sommes-nous du dépistage ?
Selon les données 2023 publiées par Santé Publique France, au moins 70 % des femmes éligibles devraient réaliser un dépistage dans les délais recommandés (seuil européen acceptable).
En 2023, seulement 55,8 % des femmes âgées de 25 à 65 ans en France ont réalisé un dépistage conforme aux recommandations (cytologie ou test HPV selon l’âge). Sur notre territoire, ce taux est encore plus bas, autour de 53,4% dans le département du Calvados et 54,3 % en Normandie.
En 2025, ce taux atteint 51,5 % sur le territoire de la CPTS (ce taux comptabilise les femmes de 25 à 30 ans ayant réalisé une cytologie sous 3 ans et celles de 30 à 65 ans ayant effectué un test HPV sous 5 ans). Ainsi, plus de 48 % des femmes du secteur ne sont pas dépistées dans les délais recommandés.
Pourquoi c’est important
Le cancer du col de l’utérus est évitable ou détectable précocement grâce au dépistage.
Notre territoire se situe 15 à 17 points en dessous de l’objectif européen, ce qui représente un risque réel de perte de chance pour de nombreuses patientes.
L’autoprélèvement HPV constitue un levier concret pour améliorer cette couverture, surtout chez les femmes qui consultent peu pour un suivi gynécologique régulier.
Autoprélèvement HPV : validation scientifique
La revue Prescrire (juin 2023) précise que « Pour dépister les cancers et les lésions précancéreuses du col de l’utérus, les performances diagnostiques des tests PCR visant à détecter l’ADN viral de certains papillomavirus humains à haut risque (tests HPV-HR) sont du même ordre, que ceux-ci soient effectués à partir d’un autoprélèvement vaginal ou à partir d’un frottis du col de l’utérus par un professionnel de santé. »
Par ailleurs, Prescrire (juillet 2017) rappelait que « Chez les femmes sans symptôme gynécologique et sans facteur de risque particulier, en dehors du dépistage des cancers du col de l’utérus, l’examen au spéculum et le toucher vaginal n’ont pas d’intérêt clinique démontré. L’inconfort et les douleurs liés à ces gestes sont parfois un frein pour solliciter des soins. »
L’autoprélèvement est donc fiable, simple et mieux accepté par les patientes
Vous êtes médecin généraliste
Vous faites peu ou pas de gynécologie ?
Pour les médecins généralistes qui font peu ou pas de gynécologie, il est possible de reprendre la main sur le dépistage en proposant l’autoprélèvement HPV à leurs patientes. Ce test est facile à expliquer et à prescrire, et la patiente peut réaliser le prélèvement elle-même.
L’autoprélèvement, plus simple et plus rapide que le frottis
Le frottis peut être chronophage et certaines patientes ne sont pas toujours à l’aise avec cet examen. Il implique parfois de faire revenir la patiente ou d’allonger la consultation pour réaliser le prélèvement en plus du motif initial de consultation.
L’autoprélèvement permet de simplifier cette organisation : deux minutes suffisent pour expliquer le test à la patiente.
Vous êtes sage-femme
Vous accompagnez régulièrement des femmes, mais ne réalisez pas toujours de frottis ?
Les sage-femmes peuvent proposer l’autoprélèvement HPV à leurs patientes de 30 à 65 ans. Le test est facile à expliquer, et la patiente réalise elle-même le prélèvement.
Le frottis peut être chronophage et certaines patientes ne sont pas toujours à l’aise avec cet examen. Il nécessite parfois de faire revenir la patiente ou d’allonger la consultation pour réaliser le prélèvement en plus du suivi habituel.
L’autoprélèvement permet de simplifier cette organisation : deux minutes suffisent pour expliquer le test à la patiente.
Ce dispositif s’intègre dans le dépistage organisé du cancer du col de l’utérus et contribue à améliorer la couverture territoriale. Il permet également de faciliter l’accès au dépistage pour les patientes, tout en s’intégrant facilement à votre pratique quotidienne.
Rappel des recommandations
Le dépistage HPV par autoprélèvement ne s’applique que pour les patientes entre 30 et 65 ans. Pour ces patientes, le test HPV peut être proposé lors de toute consultation, quel que soit le motif. La patiente
réalise elle-même le prélèvement et 2 minutes suffisent pour expliquer le test. Aucun frottis ni examen gynécologique complet n’est nécessaire, et les performances du test sont équivalentes à celles d’un prélèvement réalisé par un professionnel (Prescrire, 2023).
Rappel des recommandations :
• 25–29 ans : dépistage par frottis tous les 3 ans.
• 30–65 ans :
o dépistage par test HPV si le dernier frottis date de plus de 3 ans
o ou si le dernier test HPV date de plus de 5 ans. Dans ce cas, l’autoprélèvement peut être proposé.
Le choix du test à réaliser se fait selon l’âge de la femme :
• de 25 à 29 ans : le dépistage est fondé sur la réalisation de deux examens cytologiques à un an d’intervalle, suivis d’un nouveau test de dépistage (cytologie ou test HPV-HR selon l’âge de la femme)
3 ans plus tard si le résultat des deux premiers est normal ;
• à partir de 30 ans et jusqu’à 65 ans : le dépistage est fondé sur la réalisation d’un test HPV-HR tous les 5 ans, à débuter 3 ans après le dernier examen cytologique dont le résultat était normal, ou dès
30 ans, en l’absence d’examen cytologique antérieur.
Dépistage HPV par autoprélèvement : organisation et modalités
pratiques
Les kits d’autoprélèvement sont délivrés par les laboratoires.
Pour les patientes de 30 à 65 ans, à l’occasion de toute consultation, il convient de repérer le statut de dépistage (alarme, rappel, etc.) :
• si le dernier frottis cytologique date de plus de 3 ans ;
• ou si le dernier test HPV date de plus de 5 ans.
Dans ces situations, le test HPV peut être proposé par autoprélèvement. L’explication prend environ 2 minutes et couvre :
• la manière de réaliser le prélèvement ;
• le dépôt du prélèvement au laboratoire ;
• la réception des résultats dans les 24 heures.
Nous vous proposons un support de communication à remettre à votre patiente
En fonction des résultats :
• si le test est négatif, le dépistage est à refaire dans 5 ans ;
• si le test est positif, un frottis “classique” est réalisé pour cytologie.
Le prélèvement peut être effectué par le médecin traitant, une sage-femme, un gynécologue ou directement par le laboratoire
La CPTS Caen-couronne travaille à la structuration d’un réseau local pour la réalisation du frottis pour cytologie.